mercredi 27 novembre 2019

L’ovni de Rouen (1954 ou 57 ?)

 

Une frénésie de démystification (ils appellent ça le "debunking") frappe certains ufologues américains au point qu’ils remettent en cause les plus solides preuves photographiques du phénomène ovni.

 L’une d’elles n’avait pas encore été égratignée ; il s’agit du fameux document photo de McMinnville réalisé en mai 1950 (voir ma chronique du 12/04/92). Eh bien, voilà qu’il est chahuté et, par la même occasion, un autre célèbre cliché appartenant à l’iconographie soucoupique française.

Deuxième vue de Trent selon le NICAP

McMinnville (1950).

Rouen selon Edwards (1966).



                                





















La plupart des livres qui le reproduisent – et ils sont nombreux – sont extrêmement laconiques quant aux détails de son obtention. Frank Edwards, dans son « Les soucoupes volantes, affaire sérieuse »* (publié initialement en 1966), légende cette photo en ces termes : « Un des premiers ovnis, très similaire à l’objet de McMinnville. Il a été photographié par un pilote militaire français près de Rouen, France, le 5 mars 1954 ».

Y a-t-il un pilote… ?
Je cherche – vainement depuis plusieurs semaines – des informations sur ce « pilote » non identifié. Il est vrai que les 45 ans passés ne facilitent pas l’enquête. Il s’agit ni plus ni moins que d’empêcher « l’ovni de Rouen » de passer à la trappe du fait de l’entraînement que va occasionner l’identification de celui de McMinnville, d’autant que le premier a été accusé d’être un « fac-similé » du second !

Ou alors, des détails sur les circonstances de l’observation de l’ovni de Rouen pourraient calmer les ardeurs de ceux qui s’attaquent à l’ovni de McMinnville : la mention par exemple que le « pilote » a vu l’engin depuis son propre avion ou bien autre chose. Car l’ovni de l’Oregon est accusé d’être ni plus ni moins qu’un « couvercle de lumière suspendu » ! En d’autres termes, un abat-jour de lampe extérieure dépourvu de l’ampoule en dessous.

Un rapprochement « troublant »
Ce type de lampadaire suspendu accroché en l’air était commun dans les paysages américains des années 30. Le « debunker » est Max Standridge qui ose espérer que les ufologues français vont lui démontrer qu’il fait fausse route (e.mail du 3/06/1999). Il retrouve très exactement la forme de l’ovni de Rouen (et de McMinnville), y compris « la tourelle supérieure », au-dessus de joyeuses jeunes filles éclairées par une sorte de lampadaire suspendu dans la revue « Lausanne Legacy » de Memphis, Tennesse, datant de 1933 ! Il y a là de quoi, en effet, se poser des questions et j’ai promis à Max de lancer cet appel pour tâcher d’en savoir plus sur l’ovni de Rouen.

Grâce à Internet et plusieurs intervenants concernés intéressés par les ovnis de McMinnville et de Rouen (dont moi), on sait déjà que la première reproduction de l’image provient de la « RAF Flying Review » de juillet 1957, ce qui remet en cause la date initiale. Le directeur de la prestigieuse Flying Saucer Review (la plus célèbre revue ufologique du monde), Gordon Creighton, avec lequel je communique régulièrement depuis des années, pourra peut-être, lui aussi, nous donner des informations, je l’espère. Mais cela sera-t-il suffisant pour « sauver » notre ovni de Rouen ?

Appel à témoins tardif
C’est pourquoi je publie aujourd’hui cette mauvaise copie dans l’espoir que l’un de vous va pouvoir nous en dire plus sur lui (coupures de journaux d’époque, archives d’associations ufologiques etc). Amis lecteurs qui possédez des vieux livres d’Aimé Michel, Jimmy Guieu et Charles Garreau, pouvez-vous les feuilleter (il n’y avait pas d’index à l’époque) pour voir s’ils mentionnent cet ovni et ce qu’ils en disent. J’accueillerai avec une grande reconnaissance tout renseignement qui pourrait m’aider (faite le parvenir au journal à mon attention) à démontrer que les ovnis qui nous survolaient en quantité, en 1954, n’étaient pas de vulgaires réflecteurs lumineux de quincaillerie ! On a déjà eu assez de désillusion en apprenant que le fameux contacté George Adamski, prétendant être monté à bord d’un vaisseau vénusien en 1952, en fait, n’avait pas quitté le sol et trompé ses fans avec un appareil refroidisseur de bière de marque Wigan (voir ma lettre à ce propos publiée par l’hebdomadaire NOSTRA, le 27 mars 1980).

Publié dans DIMANCHE SAÔNE & LOIRE du 11 juillet 1999 sous le titre : A propos de cette photo d’ovni.


L’ovni de Rouen a même servi à illustrer la couverture du livre de Antonio Ribera (1920-2001) : Ces mystérieux ovni… Jusqu’à présent, ils nous ont épiés, mais demain ?, traduit par André Bernard et publié par les Editions De Vecchi, en 1976.


 


Dans le texte, page 258, l’auteur reproduisait deux images de l’ovni datées de mars 1954.

 Frank Edwards, Flying Saucers – serious business, Lyle Stuart, New York, 1966.



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