lundi 5 février 2018

Rose C. et les visiteurs de la nuit


L’« incroyable rencontre » de Rose C. (bizarre, les Françaises victimes de telles aventures ont voulu rester anonymes. Pourquoi ?), couturière, survient le 10 avril 1952 ; en une seule nuit, elle va bouleverser toute son existence, selon l’adage ; la veille, cette jeune divorcée de 24 ans, vivant chez son père veuf en banlieue de Nîmes, privée de sa fillette de 4 ans pendant les vacances pascales (elle est chez son ex-belle famille), décide de se rendre dans un « mazet ». Il s’agit de ces petits cabanons d’à peine 4 mètres sur 3, perdus dans la garrigue, sans eau ni électricité à l’époque, loin de tout. Le sien a été construit par son grand-père. Elle y va à bicyclette, accompagnée de ses deux chiens.

Arrivée en soirée, elle mange un morceau « en vitesse », nourrit les animaux et, après une toilette sommaire, ferme les volets et se glisse dans le vieux lit de fer où elle s’endort. Réveillée par ses chiens agités qui grognent sans aboyer, elle réalise brusquement qu’elle est là, en pleine nature, sans défense. « Sont-ce des lapins », pense-t-elle ? Elle se rhabille et sort dans la nuit. Les chiens libérés filent comme des flèches en direction d’un plus petit « mazet » voisin et ne reviennent pas ; elle s’en approche quand, soudain, un éclair de lumière blanche l’éblouit. Une voix retentit près d’elle : « Que faites-vous ici ? ».

« Je distinguai alors un homme à peu près de ma taille, vêtu de sombre », raconte-t-elle. « Mais je suis là chez moi ! ». Soudain pétrifiée, la fin de ses paroles s’étrangle dans sa gorge : « un être gigantesque se tenait près de moi qui, tout de go, m’attrapa le cou avec une de ses énormes mains, sans trop serrer ni me faire mal… ». L’homme normal la rassure : « Ne craignez rien. Nous sommes pacifiques ».

Un bruit d’herbe foulée…, un autre « grand » est là ; « mes amis demandent si vous n’auriez pas quelques vieux livres à nous donner »… Un troisième géant, à l’aspect plus âgé, arrive avec les chiens dociles.

« D’où venez-vous », questionne-t-elle ? « De là-haut » dit l’interprète, un instituteur « parti » avec eux depuis 20 ans et qui n’a pas vieilli depuis (aspect 25 ans pour quelqu’un qui en a 45). « Le temps ne compte pas pour nous comme pour vous ».

Une lampe allumée un court instant permet à Rose d’apercevoir une énorme chose circulaire, gris ardoise, en forme d’un immense canotier, immobile au-dessus du sol (1 m) ne reposant sur rien : un ovni.
 
Dessin de "chapeau-volant" vu par Rose C.
Rose C. décrit les trois grands « asticots » (2,40 m), bruns de peau mais pas noirs, nez plutôt droit et cheveux légèrement bouclés qu’elle compare à « des Hindous » (!), tous vêtus d’une combinaison d’homme-grenouille.

« A part les livres (elle leur en donnera deux moisis : un A. Dumas et un V. Hugo) que cherchez-vous ? », demande-t-elle. « Des choses que nous cueillons et ramassons » : on lui montre, dans un sac, quelques pousses d’olivier, un peu de thym, des feuilles diverses et des pierres ! « Cela nous permet d’évaluer les dégâts occasionnés par les bombes que vous avez fait exploser au Japon » !

Au cours de cette rencontre avec cet équipage mixte ETs/terrien (la première et la dernière dans les annales ufologiques ?), les révélations faites à Rose C. lui tirent plusieurs jurons locaux : « Mordious ! », quand elle apprend que la Lune est un satellite « amené » sur place, que la Terre est un lieu de déportation et que les Terriens actuels sont les descendants dégénérés et rétrécis des bagnards ET. Et : « Fan de Chichourle ! », auquel succèdent des rires énormes et caverneux qui font trembler les murs du petit « mazet », où tous sont entrés avec difficulté.

Suit une démonstration de lévitation de pierre et de traversée directe de la porte. Rose C. voudrait prolonger cette confrontation. Mais l’instituteur indique qu’ils doivent partir. « Le séjour sur votre terre les fatigue énormément ». Un bruit de ventilateur provient de la « chose » vers laquelle ils se sont dirigés, deux géants soutenant l’autre.

Rose se demande si elle a rêvé. Divers détails la convainquent que non dont son annulaire droit rallongé de 2 cm ! La voilà aussi qui se met à entendre les arbres parler, les fleurs pleurer ; prise d’euphorie, elle « goûte » la terre et se met à chanter à tue-tête. Plus tard, des images défilent devant ses yeux, le soir : « on » essaie de lui faire comprendre des choses… Elle a des visions prémonitoires… Jamais, pourtant, elle ne se considérera comme une « contactée », une missionnée… « Ma rencontre avec les visiteurs de la nuit a été tout à fait fortuite ».

Le récit de Rose (45 pages), est paru en 1979 dans un livre complété avec du remplissage ufologique, préfacé par Guy Tarade avec un avant-propos de Jimmy Guieu. Aux Editions du Rocher, Collection « Les Carrefours de l’Etrange ».

En novembre dernier, la revue « Le Monde de l’Inconnu », sous la plume d’Alain Moreau, promettait un « retour » sur le cas de Rose C. : hélas, aucun élément nouveau n’y était apporté. Si bien que je me suis tourné vers Guy Tarade, ami à moi de longue date et qui avait parlé dans da préface de « témoignage capital » : il m’apprend que Roselyne C. est décédée depuis 5 ans...




Publié dans DIMANCHE Saône & Loire du 14 octobre 2007.







mardi 30 janvier 2018

La rencontre de Mlle Hélène G.


L’affaire fut évoquée dans Le Progrès, Le Parisien, L’ImpartialFrance Dimanche du 14 août 1976 titra : « La jeune française enlevée par une soucoupe volante : vrai ou faux ? », illustrant la page entière consacrée à ce scoop avec deux photos, dont un portrait de l’héroïne Mlle Hélène G., et de deux dessins très suggestifs de Di Marco. J’espère que la mauvaise copie que j’en ai pourra passer ici.

Que s’était-il donc passé en cette nuit du 10 au 11 juin 1976 ?  Cette employée de maison de 21 ans, Mlle Hélène G., rentrait chez elle en Renault 4L dans la Drôme, sur la route nationale 531, après une heure du matin, quand, à 5 km de Bourg-de-Péage au lieu-dit « Le Martinet », en pleine ligne droite, elle constate un ralentissement anormal de son véhicule. Un coup d’œil sur la jauge d’essence lui indique qu’elle n’a rien à craindre de ce côté-là. Mais après quelques ratés, le moteur cale et les phares s’éteignent. « C’est alors, explique-t-elle, que je vis à une dizaine de mètres devant moi une masse lumineuse hémisphérique éblouissante de 10 mètres de diamètre et de couleur orange. Cette masse était posée sur la route et empiétait sur toute la largeur.

« J’ai eu très peur, j’ai verrouillé les portières en passant la main par la vitre baissée, puis j’ai plaqué mes deux mains devant mes yeux ; au bout d’un moment assez long, j’ai constaté la disparition de la lumière.

« Je suis rentrée chez moi tellement bouleversée que j’ai manqué la route la plus directe. Lorsque je suis arrivée à mon domicile, ma sœur me signala que je rentrais bien tard et qu’il était 4 heures du matin ». Ainsi Mlle Hélène G. avait environ deux heures trente de retard par rapport à une durée normale de trajet depuis Romans, un « trou » pendant lequel elle ne se souvenait de rien tel que signalé dans Le  Dauphiné Libéré du 12 juillet.

Première photo de France Dimanche.
Cette amnésie n’échappa pas à un enquêteur de la commission locale d’étude sur les ovnis Ouranos qui, y reconnaissant une caractéristique des rencontres rapprochées du 4ème type, n’eut qu’une idée : soumettre Mlle Hélène G. à une régression hypnotique pour lui faire se remémorer ce qui s’était passé pendant cette tranche de « temps manquant ».

Ainsi, Mlle Hélène G. se retrouva le 22 juillet en présence d’un « sophrologue » à une séance d’hypnose où elle aurait raconté qu’après l’arrêt du moteur de sa 4L, « deux êtres nains s’étaient approchés, l’en sortirent, la transportèrent dans un engin métallique arrondi et l’allongèrent sur une table où elle subit  un examen (médical ?) ». Des nains, « moches » à la peau jaune et en combinaison violette.

Le  récit sous hypnose de Mlle Hélène G.  fut transmis au Dauphiné Libéré et à FR3 Rhône-Alpes en août, d’où la couverture médiatique qui s’ensuivit. Une seconde séance d’hypnose en présence de plusieurs journalistes et d’ufologues n’apporta pas grand-chose de nouveau : « comme si Hélène récitait une leçon bien apprise », commente Michel Figuet, ufologue, qui eut la réputation de ne s’en jamais laisser conter. C’est lui qui, notamment, émit de sérieux doutes sur la trace au sol laissée à Trans-en-Provence et enquêtée par le GEPAN.

Sans aller jusqu’à contester l’observation de l’ovni par Mlle Hélène G. et la sincérité du témoin, M. Figuet souligne l’extrême subjectivité qui entoure cet enlèvement allégué. Ayant écouté un enregistrement de la seconde séance d’hypnose, il en note que le témoin, répondant aux questions des « chercheurs », « finit par déclarer ce qu’on attendait de lui ! ». C’est ce reproche qui poindra lors de la vague des enlèvements nord américains documentés sous hypnose : par un questionnement adéquat de la part de l’hypnotiseur et de son entourage ufologique, on orienterait ainsi ses révélations pour qu’elles collent au scénario type d’une telle expérience. Pire, c’est par cette méthode qu’on en serait venu à construire, à « fabriquer » ledit scénario-type, lequel s’étant incrusté dans l’inconscient collectif de toute une population serait aujourd’hui resservi sempiternellement avec seulement quelques variantes. Avec l’effet boomerang que la ressemblance de toutes ces rencontres avec un « standard » relèverait, non plus d’une quelconque objectivité (basée sur quelque chose de matériel) mais de la pure suggestion et contamination sociale.

Mais Michel Figuet n’était pas un « négateur » invétéré mettant en doute sans preuve. Il n’avait pas hésité à se rendre sur les lieux de la « rencontre » de Mlle Hélène G.  en 1977 et avait constaté, entre 1 h et 1 h 15 du matin, le passage de 65 voitures, 15 camions, 4 fourgonnettes et 2 motos ! Et de conclure : « Cela ne laisse que très peu de temps à des « ufonautes » pour se poser sans dégâts à côté de platanes sur une nationale pour enlever une automobiliste… ».

Un argument mis en avant plus tard aussi à l’encontre de l’aspect « physique » de la vague d’« abductions » américaines et qui ne  va pas dans le sens de la crédibilité des rencontres françaises.


Deuxième dessin de France Dimanche.




Publié dans DIMANCHE Saône & Loire du,  7 octobre 2007.






vendredi 26 janvier 2018

Les rencontres du 4ème type françaises.


Après vous avoir  exposé les principaux cas étrangers de rencontres du 4ème type : Adamski (1952), Villas Boas (1957), Hill (1961), Andreasson (1967), Hickson (1973), Walton (1975), vous êtes en droit de vous demander : y a-t-il (eu) des cas semblables en France ? Et vous avez raison. En effet, les récits d’enlèvements par des extraterrestres sont très rares dans l’Hexagone. Et jugés assez peu crédibles. Dans la thèse de Thomas E. Bullard, un folkloriste ufologue de l’université de Caroline du Nord, publiée en 1987 (plus de 600 pages), on peut trouver pas moins de 270 cas d’enlèvements imputés aux ET s’échelonnant de 1858 à 1985. Cinq concernent la France (132 les Etats-Unis, 28 le Brésil) ; ce sont les suivants, chronologiquement :

1.      Anonyme, 1950 ;
2.      M. Bachelard, 1954 ;
3.      Anonyme, 1960 ;
4.      Frank Fontaine, 1979 : je consacrerai deux chroniques à cette affaire (à noter que Bullard la classe dans les canulars !) ;
5.      Stéphane Gasparovic, 1983.

La semaine prochaine, je présenterai un cas méconnu de Bullard (mais décortiqué par le regretté Michel Figuet) qui montre qu’il y a 31 ans, une française de 21 ans, employée de maison, faisait la une de « France Dimanche » du 14 août 1976 avec ce titre : « La jeune Française enlevée par une soucoupe volante : vrai ou faux ? ». Et puis, il y a eu Rose C. et J. Miguère ! A noter que S. Allix dans son enquête récente ne cite pas un seul cas français !

Examinons donc plus en détails les 4 autres cas :
1/ Le 20 mai 1950, une femme rentrait chez elle à 16 h dans la Loire quand elle fut éblouie par une lumière céleste avec une sensation de paralysie. Deux énormes mains noires apparurent devant elle comme descendues du ciel qui la touchèrent et elle ressentit comme un choc électrique. Elle fut tirée par la tête et emportée dans un champ où elle cru sa dernière heure arrivée. Son assaillant semblait invisible. Elle réussit à atteindre les maisons les plus proches, entendit un coup de vent et vit une lumière blanche fuser au loin. Les extraterrestres ont bon dos !

2/ M. Bachelard, gendarme, est dit avoir été aérotransporté dans sa voiture, le 18 octobre 1954, en plein jour, par un engin en forme de cigare alors qu’il circulait entre Gelles et Coheix, dans le Puy-de-Dôme ! Bullard cite Aimé Michel comme référence et la revue « Lumière dans la Nuit » de décembre 1968 (si un lecteur peut m’envoyer photocopie). J’ai retrouvé mention de ce cas dans le livre de A. Michel « Mystérieux Objet Céleste » mais il ne parle que d’une observation d’ovni traumatisante pour le témoin qui se retrouva à destination alors que son véhicule avait été ralenti à 30 km/h par l’ovni. Décidément voilà deux cas plutôt « récupérés » qu’effectifs !
3/ C’est un cas franco-canadien cité par Budd Hopkins, spécialiste américain des « abductions ». Dans son livre « Enlèvements extraterrestres : les témoins parlent » (1995) où il passe sept cas en revue de réminiscences d’enlèvement, l’un touche à Virginia Horton (pseudonyme) chez qui des séances d’hypnose régressive « réveillèrent » des souvenirs oubliés, notamment concernant une rencontre inquiétante lors d’un séjour en France, en Alsace, en juin 1960, quand elle avait 16 ans. Lors d’un pique-nique familial, pour jouer avec son frère, elle était entrée dans les bois et y était restée 30 minutes à une heure, ce qui avait inquiété sa famille d’autant qu’à son retour elle avait du sang sur son chemisier.
Incapable d’en préciser la cause, elle se souvenait seulement d’un cerf qui l’avait regardée drôlement. En lui faisant réintégrer son personnage 19 ans plus tôt par hypnose, on s’était aperçu que l’image du cerf faisait écran à un véritable contact ovni où elle avait rencontré une famille de créatures grisâtres dans un engin volant posé dans la forêt : « Ils célébraient quelque chose ». Du sang lui avait été prélevé par l’intérieur du nez et la cérémonie visait à fêter le résultat d’une expérience effectuée sur elle 10 ans plus tôt lorsqu’elle avait déjà été enlevée par ces mêmes êtres alors que, gamine, elle ramassait les œufs dans la grange de la ferme de son grand-père, dans le Manitoba, au Canada. Elle avait, à cette occasion, fait un voyage à bord de l’ovni et été auscultée dans un cabinet médical. Les étrangers avaient de longs doigts et des yeux sans paupières…

5/ Stéphane Gasparovic, habitant de Sommerecourt, en juillet 1983, déclara à « L’Est Républicain » : « J’ai été aspiré par une boule de feu ». Il resta absent 2 heures et  raconta, à l’hôpital où il avait été admis après avoir été retrouvé errant comme un robot, « avoir parlé à des petits êtres avec des oreilles pointues ».



Publié dans DIMANCHE S & L,  30 septembre 2007.







vendredi 19 janvier 2018

A propos des « contacts » du 4ème type.


 

Je voudrais aborder ici le sujet des « rencontres » les plus rapprochées avec les supposés extraterrestres au point qu’on peut parler de « contacts du 4ème type » (1) ; ceci, dans le prolongement de la classification de J. A. Hynek. Des « contacts » qui vont de l’enlèvement (2) pur et simple, plus ou moins forcé, jusqu’aux rencontres suivies avec échanges d’informations (et d’autre chose) entre les êtres venus d’ailleurs et lesdits contactés (3). Car, curieusement, les « contactés » de la première heure ont rapporté, la plupart, avoir effectué un voyage avec leurs visiteurs, celui-ci étant en revanche plutôt consenti, ce qui permet ainsi de les ranger dans la même catégorie (on parle aussi de contacts du 5ème type).


Or un livre est paru récemment sur la question qui va me permettre, en préalable, d’exposer toute l’ambiguïté dans laquelle baignent ces expériences d’enlèvements que certains aiment à voir comme un fantasme - un succédané folklorique dont le premier cas aurait eu lieu précisément en Suisse en 1572 (rapt humain par l’armée des fées) et qu’on retrouve dans les traditions écossaises et scandinaves ou bien comme « une forme de contact déjà amorcée » !


Cette dernière interprétation est celle de Stéphane Allix, auteur d’un livre publié en 2006 chez Albin Michel et intitulé : « Extraterrestres : l’enquête ». Ce jeune auteur, n’est ni un scientifique, ni un sociologue, ni un ufologue. Son intérêt pour la question est venu, selon lui, de la rencontre avec un lama tibétain, jeune lui aussi, le 17ème Karmapa, dans les yeux duquel, lors d’un croisement de regard, il a lu l’existence d’êtres sensibles vivant ailleurs que sur la Terre ! « Décontenancé », il lui a semblé que depuis ce jour il devait entreprendre une recherche approfondie sur la question d’autres êtres vivants sur d’autres planètes, d’où la justification de son enquête.

Hélas cette « enquête » ne se révèle ni révolutionnaire, ni novatrice ; ce jeune journaliste, partant de rien, découvre ainsi le phénomène ovni sans aucune idée préconçue mais aussi avec un bagage si mince qu’il le handicape grandement ; ses sources d’émerveillement sont celles d’un enfant à qui ont raconte une histoire de fées. S. Allix a rencontré des enlevés américains (ils sont légions, on a parlé de 2 % de la population) et s’est ému de leur détresse post-traumatique consécutive à leur expérience ; il a rencontré aussi John Mack, dont les livres l’ont laissé « interdit » (sic) ; le psychiatre américain qui s’était engagé dans une croisade contre le côté psychopathologique des enlèvements (« ce n’est pas parce qu’on affirme quelque chose de fou qu’on est fou », soutenait-il) et dont la quête a été interrompue dans une rue de Londres en septembre 2004 par une automobile.

A travers quelques livres qu’il a lu (d’Espagnat, Klein, 1993 ; Ortoli, 1998), S. Allix opte en discourant à vide sur ce qu’il sait de la mécanique quantique (c'est-à-dire pas grand-chose !) pour la possibilité d’existence de réalités alternatives à l’une desquelles appartiendraient ces êtres sensés n’être « physiques que lorsque nous sommes dans leur environnement ou qu’ils y pénètrent brièvement », notamment par l’entremise des « rêves yeux ouverts » ! A noter qu’il aurait dû parler d’« ultra » et non d’extraterrestres. Cette réalité alternative, il la voit comme l’unique échappatoire au côté « non-physique » de ces « contacts ». Cela lui permet d’évacuer le problème d’autant plus facilement qu’il ne s’attarde même pas une ligne sur cet aspect objectif du phénomène. Il avoue ne pas en saisir le degré de réalité donc ainsi, il l’élude en affirmant gratuitement : « Il semblerait qu’une intelligence soit en train d’essayer d’établir une connexion, qu’elle tente de nous atteindre ». Personnellement, j’ai du mal à admettre cela sur des critères aussi subjectifs. Mais je peux me tromper.



(1) DELVAL, Pierre, Contacts du 4e type - Les OVNI précurseurs de notre avenir, Editions De Vecchi, 1979.

(2) l’appellation anglo-saxonne consacrée de « abductions » (Mack, 1995) ayant été traduite par kidnappings (Hopkins, 1995), rapts (Meurger, 1995) et parfois même par  « ravissements » (du verbe ravir), les « enlevés » étant ravis, ce qui est rarement le cas, littéralement.

(3) GUIEU, Jimmy, Le monde étrange des contactés - Les E.T. sont parmi nous, Pierre Belfond, 1986.












Publié dans DIMANCHE SAÔNE & LOIRE du 1er juillet 2007.







vendredi 12 janvier 2018

L’ « affaire » de Cergy-Pontoise


Cet enlèvement présumé par les extraterrestres d’un jeune de la banlieue parisienne fit grand bruit à l’époque. Toute la presse française s’en fit l’écho (« Disparition du 3ème type à Cergy », Libération, « Quand passent les ovnis : la disparition de F. Fontaine », Le Progrès de Lyon, « Le jeune homme enlevé par des ovnis », Le Dauphiné Libéré, etc., etc.) et même des journaux étrangers.

Voilà ce qu’en di(sai)t (en 2007) mon amie suisse R. M. : « Franck Fontaine, un jeune homme âgé de 18 ans au moment des faits, et deux compagnons, Jean-Pierre Prévost, 26 ans, et Salomon N’Diaye, 25 ans, s’affairaient aux premières lueurs de l’aube du 26 novembre 1979, à charger leur voiture de vêtements qu’ils allaient offrir à la vente sur des marchés des environs: un travail de routine pour ces trois amis. C’est alors qu’une étrange sphère blanche et aveuglante descendit du ciel et fonça sur la voiture. Lorsque Jean-Pierre et Salomon retrouvèrent leurs esprits, Franck avait disparu. Ce n’est que le 3 décembre que Franck réapparut, même endroit, même heure, même sphère blanche. Il avait bel et bien été abducté », c’est à dire la victime d’un kidnapping céleste, selon la terminologie usuelle.

C’est effectivement ce qu’il en reste dans les annales ufologiques officieuses françaises mais S. Allix, dans son livre récent sur les « abductions » (voir ma chronique du 01/07/2007), ne dit pas un mot sur F. Fontaine…. Pourquoi ? On verra que des doutes sérieux pèsent sur la véracité de cette histoire. Le GEPAN, qui a enquêté officiellement sur l’affaire, même s’il ne prononcera jamais le mot de canular (ce que ne se prive pas l’Américain J. Clark dans son encyclopédie UFO) n’est pas tendre en parlant d’un épisode « manquant totalement d’intérêt en terme d’étude scientifique des aspects physiques des phénomènes aérospatiaux non identifiés » (sic) : un langage ampoulé pour masquer un embarras certain ?

Mais n’anticipons pas ; examinons plus en détail les faits. A 5 h du matin, le 26 novembre 1979, le commissariat de Pontoise décrocha le téléphone pour entendre quelqu’un crier : « Un de mes amis vient d’être emporté par un ovni » ! C’était Salomon, qui, répondant à l’injonction de son ami Jean-Pierre : « Va appeler les flics ! Dis-leur ce qui se passe. Magne-toi ! », signalait la disparition de Frank de la Ford Taunus dans laquelle il avait pris place pour aller au devant d’un phénomène lumineux. Lors des préparatifs qui devaient les emmener au marché de Gisors où ils voulaient tenir un stand de ventes de vêtements (jeans et pullovers) pour une maison de gros, Frank avait été désigné pour faire chauffer le moteur après démarrage du vieux break Ford par poussage (démarreur défectueux). Or c’est pendant cette opération que le trio avait aperçu dans la nuit étoilée « un objet lumineux bizarre », qui n’éclairait pas le paysage, descendait lentement en direction des champs au-delà des immeubles. Le chargement en cours du coffre avait été interrompu et tandis que Jean-Pierre et Salomon regagnaient leur duplex qu’ils partageaient pour y récupérer un appareil photo, Frank avait démarré en trombe avec ces mots : « Je vais voir le bidule de plus près, vous me retrouverez en haut » (de la rue). De la fenêtre de l’appartement, ses deux compagnons jettent un coup d’œil et voient la Ford arrêtée sur la route à gauche : son pot d’échappement ne fume plus. « Le con, il a calé ! », s’exclame Jean-Pierre et ils se hâtent pour le rejoindre.

Ils traversent la pelouse et trouvent la voiture arrêtée non plus à gauche, mais sur le côté droit, en biais. Une énorme sphère blanc laiteux de 2 ou 3 mètres de diamètre l’enveloppe et 3 ou 4 autres petites sphères virevoltent autour. Ils observent le phénomène et voient arriver du ciel un cylindre « cotonneux » dans lequel la grosse sphère est « aspirée » puis le « tuyau » disparaît en une fraction de seconde. Ils s’approchent de la voiture : elle est vide ; Frank a été enlevé !

Suite au coup de fil, la police arrive sur les lieux… et les gendarmes de Cergy-Pontoise vont interroger les deux rescapés jusqu’à 18 h : ils ne croient pas à cette histoire d’ovni et craignent plutôt que tout soit inventé pour dissimuler soit une affaire de meurtre ou bien quelque chose de plus trivial : aucun des jeunes n’a son permis de conduire, les vêtements à vendre ne sont pas en règle…

Pendant 8 jours, la presse française va bruisser de communiqués sur la disparition persistante de F. Fontaine, jusqu’au 3 décembre quand il sonne à 4 heures du matin à la porte palière de l’appartement de Salomon : ni affamé, ni assoiffé (des analyses de sang ne révéleront aucune abstinence, aucun manque de sommeil…), il dit s’être retrouvé dans le champ de choux bordant l’endroit où était stationné la Taunus et croit que celle-ci a été volée ; il ne se souvient de rien sur le coup mais peu à peu il va rassembler ses souvenirs (en présence d’une équipe d’ufologues accourus), corroborer le récit de ses camarades et narrer une étrange aventure !

Celle-ci fera la une de Paris Match du 21 décembre 1979 avec l’interview de Frank et elle figure dans le livre (1) qu’en tira l’ufologue et écrivain de science fiction (bien précisé par J. Clark) J. Guieu qui rencontra le trio dès le 4 décembre et proclama : « J’y crois ! ». Il défendra jusqu’au bout bec et ongles qu’il y a eu là à Cergy-Pontoise une intervention des extraterrestres … et ce, malgré des prolongements douteux et même un épilogue qui laisse supposer le contraire.

Frank Fontaine à l'époque.
Frank Fontaine, la vedette initiale de l’affaire de Cergy-Pontoise, disparu le 26 novembre 1979 et réapparu le 3 décembre au matin quasi amnésique, rendu dès le 4 janvier 1980 dans le fief du groupe ufologique (IMSA (2)) à Aix-en-Provence, va, peu à peu, sortir d’une torpeur dormitive consécutive (?) au trajet automobile depuis Cergy pour raconter l’étrange aventure qu’il a « vraiment » vécue (sic).

Dessin de Haurrio.
Il se dit avoir été enlevé par un rayon de lumière et s’être retrouvé dans une pièce remplie de cadrans et ressemblant à un laboratoire. Dans cette pièce il a fait la connaissance de Haurrio, une entité extraterrestre, qui peut changer d’apparence passant de l’humanoïde à la petite boule de lumière qui lui a transmis certains messages… et a été observée tournoyant autour de la Ford Taunus juste avant son enlèvement ; les ufologues français, enthousiasmés par ces préliminaires – ils tiennent enfin LE cas national qui va rivaliser avec ceux d’Outre Atlantique - se voient pourtant désappointés quand le jeune héros de 18 ans refuse tout net de se soumettre à l’hypnose (prétextant que le monde ne doit pas tout savoir pour le moment !) pour tenter d’obtenir d’autres détails bien croustillants de son épopée extraterrestre d’une semaine. C’est alors qu’avec soulagement, ils se rendent compte que Frank n’est qu’une « vitrine vide » et que le véritable contacté est son ami Jean-Pierre, lequel accepte volontiers de se livrer aux séances d’hypnose : et ils ne sont pas déçus de l’échange car le voilà qui s’annonce « programmé » depuis son enfance par Haurrio ! Et ce, même si le contact aurait débuté « durant la téléportation de Frank ». L’enlèvement cesse d’être le point central de l’affaire pour céder la place à un programme mené par les extraterrestres pour le bien de l’humanité… avec J.-P. Prévost comme intermédiaire messager… Et là, Jimmy Guieu, qui avait proposé au trio de collaborer à la rédaction d’un livre, va avoir autre chose à se mettre sous la plume que les informations livrées au compte-gouttes par Frank apparemment quelque peu dépassé par les événements ; il va même trouver dans les révélations de J.-P. Prévost distillées au cours de séances qui vont durer jusqu’en février 1980 maints éléments qu’il a décrits lui-même dans ses ouvrages de science-fiction : au grand bonheur de l’écrivain qui fait appel à « l’induction psi » pour expliquer cela : bases-relais, sphères de transfert, vortex transdimensionnels, hommes en vert « sans regard » venu l’interroger, Êtres d’Outre Espace (J. Guieu voit en eux ce qu’il appelle, lui, les « intelligences du dehors »), etc.

Ce qu’ignore Jimmy Guieu (ou alors est-ce la raison de la sortie précipitée de son livre en avril 1980 ?), c’est que J.-P. Prévost prépare de son côté un ouvrage intitulé « Le Grand Contact » où il traite l’écrit de J. Guieu d’ « affaire commerciale » et insinue que l’invitation à Aix des protagonistes de l’affaire n’était pas une opération désintéressée…

Le livre de J.-P. Prévost sort en décembre 1980, chez l’éditeur bien connu Michel Moutet : il est surtout consacré aux messages télépathiques d’Haurrio qui est apparu à Jean-Pierre pour la première fois près d’un tunnel désaffecté, à Bourg-de-Sirod, près de Champagnole dans le Jura, alors qu’il effectuait là un stage de moniteur de colonie de vacances : il y a vu 4 disques lumineux « qui semblaient l’attendre » ; de l’un est sorti un être à la peau couleur d’aluminium qui lui a dit : « Mon nom est Haurrio ». Ces êtres venus d’une autre dimension (frères vivant parmi nous) sont ici pour aider la Terre à surmonter la menace atomique et leur motivation est l’Amour Universel. Quant au Grand Contact officiel, il aura lieu le 15 Août 1980.

A cette date, à Cergy, plusieurs milliers de personnes seront rassemblés dans l’attente de quelque chose qui ne vint pas : motif, selon J.-P. Prévost : « bouchons sur les routes spatiales » ! Une autre « fenêtre » était prévue le 15 août 1983… Hélas, en juin, soit 2 mois avant, J.-P. Prévost annonce : « L’affaire de Cergy, c’était du bidon » ! Et encore, tel que rapporté dans Le Parisien Libéré du 7 juillet 1983 : « C’est moi qui ai tout organisé, tout monté. Frank Fontaine a passé les 8 jours de sa disparition dans l’appartement d’un ami à Pontoise ; c’est moi qui l’y ai conduit, et c’est moi qui l’ai ramené. Comment peut-on imaginer des extraterrestres venant enlever un guignol… ». Sympa pour celui qu’il appelait « Frank !... Mon vieux Frank ! », le jour de sa réapparition (dixit J. Guieu).

Jimmy Guieu, je l’ai dit, n’accepta jamais l’aveu de J.-P. Prévost, prétextant connaître d’autres contactés qui ont reçu des messages de Haurrio, ce qui peut s’expliquer compte tenu du contexte où lui-même avait été inclus dans le programme des ET et, ainsi, constituait une belle satisfaction pour un écrivain de SF. Plus surprenant, l’ufologue franco-américain, Jacques Vallée, avança qu’à son avis le trio des jeunes banlieusards parisiens avaient été « les victimes d’une opération psychologique menée par des agents secrets de l’armée pour créer une secte laquelle serait observée ou utilisée pour des expériences sociologiques » (?). Quant à Frank Fontaine, après avoir purgé une peine de prison pour vol en 1982, interviewé par Vallée en 1989, il confirma que l’enlèvement avait bien eu lieu tel qu’il l’avait relaté. Qui croire alors ? Si vous avez une opinion argumentée, je serais heureux de la connaître.


(1) « Contacts ovni – Cergy-Pontoise », collaboration J. Guieu/Fontaine/Prévost/N’Diaye. Editions du Rocher, 1980

(2) Institut Mondial des Sciences Avancées !







Publié dans DIMANCHE SAÔNE & LOIRE des 28 octobre et 4 novembre 2007.










vendredi 5 janvier 2018

Les « étranges rencontres » de Nick E.


Durant la période où je me suis fortement intéressé au phénomène d’abduction et ai tenté d’y déceler quelque indice de « contact extraterrestre » (tentative, hélas, non concluante, j’ai communiqué avec de nombreuses personnes se disant avoir fait cette expérience d’ « enlèvement » présumés.


Nick en 1960.
Ce fut le cas pour Nick H. E., de Tacoma, Etat de Washington, avec lequel j’ai correspondu de 1989 à 1998, avant de le perdre totalement de vue.





Voilà ce que j’écrivais sur nos échanges et son « expérience » dans le journal local DIMANCHE Saône & Loire du  4 octobre 1992.


Nick travaille dans l’industrie pétrolière américaine. Son expérience personnelle, il m’autorise à la raconter à partir des nombreux courriers que nous échangeons entre Tacoma, dans l’Etat de Washington et Chalon-sur- Saône, depuis 1989...

« Pour moi, la preuve de l’existence d’entités célestes - certaines d’apparence humaine, comme nous, et d’autres plus petites - est totalement acquise. En effet, je l’ai vécue par deux fois comme un fait.

« J’avais 9 ans, en cet été 1952. Nous avions passé la journée de juillet ensemble, mon cousin, mon frère aîné Tom et moi. La nuit approchait ; il était près de 21 heures. Dans le ciel, j’aperçus une lumière, comme une ampoule allumée blanc-jaunâtre se mouvant d’arrière en avant. L’ovni avait plus de 15 mètres de diamètre… J’étais paniqué... Je vis plusieurs petits extra-terrestres. Ils semblaient me parler mais je ne pouvais les comprendre.         

« La pièce où je me trouvais transporté avait des parois blanchâtres bien qu’indiscernables. J’étais comme assis sur un tabouret. Je ne sais pas s’ils me firent quelque chose. Je rentrai à la maison vers 23 heures.

«  Sept ans plus tard, le 15 novembre précisément, je voyageais près de Los Angeles, en Californie. C’était un dimanche matin, très tôt à 5 heures, à 200 km de Sacramento. A trois nous allions voir un ami qui était en permission de l’armée.

« Nous roulions sur l’US 99 - mes deux compagnons dormaient et moi je conduisais - quand la voiture fut happée par un énorme vaisseau volant bleu-blanc, attirée vers le haut dans une soute de l’engin.

« Les E.T. m’emmenèrent dans une salle sur les murs de laquelle des instruments ressemblaient à des horloges. Ils étaient six au total de 1 m 35 de haut environ. Leurs yeux ressemblaient aux nôtres, mais en plus grands. Leur attitude était amicale. Leurs mains comptaient cinq doigts comme nous ».

Nick a reproduit un portrait maladroit de ce représentant une des créatures ainsi rencontrées mais il reconnaît ne pas être un très bon dessinateur.


«  La communication se fit par la pensée, ajoute-t-il ; jamais je ne les vis bouger les lèvres. Ils me regardaient à distance. Ils étaient très expressifs avec leurs yeux en mouvement ainsi que leurs têtes et leurs bras. Ils flottaient tout le temps.

« Ils me firent subir un examen sur une table genre table d’opération... Je leur demandai : - D’où venez-vous ? Réponse : - D’un lieu extérieur à votre système solaire. Quelques heures plus tard, nous arrivions à Sacramento.

« Ma vie fut bouleversée de fond en comble, jamais je n’ai plus été le même ! Je commençai à boire et eut beaucoup de mal à m’en sortir. Plus rien ne m’intéressait puisque je savais quelque chose d’incroyable dont je ne pouvais pas parler.

« J’ai fait des rêves répétés. Ils me prenaient à bord de leur vaisseau. Voulaient me montrer un nouveau monde autre que la Terre, moins bleu, plus vert. Ils ont aussi des continents. Une fois, ils m’ont déposé dessus. A quelques mètres, j’ai vu un cerf. Je me suis approché. Il m’a dit sans parler. « C’est beau, hein ! » Et il a disparu.

« Ils m’ont ramené sur Terre.

« Le 9 Mai 1988, à 2 heures du matin, mon frère Tom qui couche dans la chambre à côté de la mienne s’éveilla et s’assit sur son lit. Il regarda par la fenêtre dans le jardin de l’arrière-cour. Au bout de quelques secondes, il vit ce qui semblait être des extra-terrestres de la même espèce que ceux entrevus dans mes rêves. Hauts de 1 m 30, ils étaient minces, habillés de combinaisons sombres. Ils flottaient à trente centimètres au dessus du sol penchés vers l’est et ainsi tout autour de la maison.

Qui sont-ils? « Des anges dont parle la Bible? Ou bien des rebelles ? Un plan de sauvetage et de jugement a-t-il été établi pour eux aussi, mais différent de celui de l’Ancien Testament pour nous sur la Terre ?

Nick, en tant que chrétien, entend relier le phénomène ovni aux principes bibliques.

« Je crois que les pyramides ont été construites par eux. De même les pistes du Pérou et les marques au sol de Stonehenge, en Grande Bretagne ont, à mon avis, un rapport avec eux. Je pense qu’ils sont là depuis le premier jour d’Adam et Eve. La Terre était un royaume céleste qui vacillait. Les E.T. ont aidé Dieu pour remettre la Terre à sa place dans le règne universel. »

Par ses expériences de « contact », Nick se juge qualifié pour nous éclairer sur le présence des « petits Gris ».  « Ils ne sont pas les seuls à visiter la Terre mais sont connus venir ici pour expérimenter génétiquement sur l’espèce humaine. Depuis les années 40, ils tentent de créer un hybride Homme/E.T ».

Nick E. est né en 1943 (un conscrit à moi), d’où l’âge qu’il avait lors de sa première « rencontre » qui a eu lieu près de Sacramento, en Californie.

En 1990, il m’annonçait « un grand changement dans le monde à venir » qui, en fait, n’est jamais venu car il faisait référence à la reconnaissance officielle de la présence d’extraterrestres sur la Terre.

En 1989, il m’avait envoyé la copie d’un rapport sur son expérience publiée dans le bulletin de Seattle (Washington) l’UFOCCI (UFO CONTACT CENTER INTERNATIONAL) du 20 mai 1988 et une lettre à lui adressée par l’ufologue Leo Sprinkle de Laramie, Wyoming, avec lequel j’ai aussi longtemps correspondu.

R. L. Sprinkle, Ph. D. lui écrivait de façon manuscrite que ses « experiences ufo »  étaient similaires à celles de beaucoup d’autres personnes avec qui il avait parlé ; et qu’il en était venu aux mêmes conclusions, à savoir une signification « historico-biblico-scientifique » (sic) de ces « rencontres ».

Son expérience avait aussi été rapportée dans Quest International, dans le bulletin du CUFORN (Canadian UFO Research Network) de novembre-décembre 1988 et dans la rubrique : « Contactee : Firsthand » du California UFO de Vicki Cooper et Sherie Stark de mars-avril 1990. Il fut interviewé par le directeur du National UFO Museum de Sun Valley, Nevada, en 1991.

La dernière photo que j’ai de lui est datée de Noël 1994.



mardi 26 décembre 2017

L’« affaire » Andreasson



C’est en août 1975, suite à un article paru dans la presse locale sur A. J. Hynek (1910-1986), lequel y est présenté comme Monsieur OVNI, que Betty Ann Andreasson, une femme du Massachusetts de 38 ans, mère de 7 enfants, lui écrit : « Je suis si heureuse de lire que quelqu’un étudie enfin les ovnis. Je peux alors raconter à quelqu’un mon expérience : une rencontre en 1967 avec les occupants d’un ovni… »

Déjà là apparaît toute l’ambiguïté de ce type de rencontre rapprochée avec l’inconnu : elle soutiendra plus tard, quand les détails de son extraordinaire aventure seront extraits de son inconscient par la technique controversée de la régression hypnotique et en révéleront toute la richesse, qu’elle ne se souvenait consciemment que de la lumière flashante dans l’arrière-cours de son domicile avec des créatures bizarres qui s’approchaient ! En fait, elle s’en sort en prétendant que, le lendemain de la « rencontre », tout lui semblait normal sauf le sentiment inquiétant que quelque chose de pas ordinaire lui était arrivé. « Mais elle ne savait pas quoi ! » ; dans les semaines, les mois, les années qui suivirent cette « rencontre », Betty aurait vécu dans l’anxiété permanente et eu des flashes mnémoniques occasionnels lui montrant un environnement d’un autre monde… D’où sa lettre ufologisant l’événement adressée à Hynek, l’astronome, consultant du projet Blue Book et fondateur en 1973 du CUFOS (Centre d’étude des ovnis) dont l’objectif avoué était d’élucider cette irritante énigme déjà posée depuis plus de 25 ans.

Celui-ci, à ce qu’on en sait, se contente tout d’abord de garder sous le coude la lettre de Betty, preuve d’une certaine prudence de sa part (si ce n’est plus) vis-à-vis de tels témoignages ; puis, il la répercute au MUFON (Mutual UFO Network, association ufologique américaine ayant mis en place un groupe d’étude sur ces rencontres avec des créatures humanoïdes) qui cherche de tels cas à investiguer.

Or, ce n’est qu’en 1977 que les représentants du MUFON au Massachusetts, tout d’abord sceptiques, vont diligenter une enquête, surtout quand les premiers tests vont accréditer l’apparente sincérité et crédibilité des témoins. Ils ne vont alors avoir de cesse de soumettre Betty à l’hypnose régressive visant à la remonter dans le passé et lui faire revivre son aventure… Et là, ils vont être servis puisque la matière ainsi exhumée de la mémoire oblitérée de Betty fournira de quoi écrire pas moins de 4 livres à un des représentants du MUFON, Raymond E. Fowler (1979, 1982, 1990, 1995) : une saga aux multiples facettes fondatrice de la vague d’abduction qui s’est propagée en Amérique jusqu’aux années 2000…

Les souvenirs conscients

Mais de quoi donc se souvient Betty au moment où elle décide de rendre son témoignage public en 1975, en écrivant à Hynek ?

En janvier 1967, elle habitait à South Ashburnham (MA), petite ville typique de la Nouvelle Angleterre boisée et bucolique, avec son mari James (il est de métier installateur d’appareils électriques et à gaz reconverti en menuisier et s’occupe à remettre en état les vieilles fermes locales encore en activité) et ses 7 enfants : 4 garçons et 3 filles dont les âges s’échelonnent entre 3 et 11 ans. C’est précisément à une période où son mari est hospitalisé consécutivement à un accident d’automobile assez violent (crash) survenu le 23 décembre 1966 qui lui a valu des semaines de soins intensifs ; les parents de Betty sont venus l’aider dans sa tâche de mère de famille nombreuse appelée à de fréquentes visites à l’hôpital : son père est un immigré de Finlande et sa mère est née dans la région.

Ce 25 janvier, à 18 h 35, ils ont terminé tôt de dîner pour permettre à Betty de se rendre auprès de son mari alité. Les enfants, déjà apprêtés pour aller au lit, regardent Bozo le Clown à la télévision dans leurs chambres respectives ; la plus petite, Cindy, est sur les genoux de son grand-père.

Un épais brouillard entoure la maison : la journée a été plutôt douce et la neige qui, il y a quelques jours, recouvrait encore le sol, a fondu ; « une vague promesse de printemps flotte dans l’air… » Soudain l’éclairage électrique se met à vaciller et s’éteint, les TV avec. Les enfants quittent leurs chambres pour venir se réfugier aux côtés de leur mère dans le living-room. C’est alors qu’une lumière rose orange est remarquée à travers la fenêtre : une lumière étrange intermittente, « kaléidoscopique » en ce sens que la cuisine de la maison est envahie de couleurs réfléchies et d’ombres dansantes. Le grand-père, rendu dans la cuisine, regarde au dehors et y voit des créatures… qu’il décrira comme des monstres d’Halloween sautillant comme des sauterelles !  
                                              
Reconstitution de la phase consciente de la rencontre
En fait, c’est tout ce qui restera dans l’esprit lucide des protagonistes. Betty raconte que la créature la plus proche l’avait fixée et qu’elle avait ressenti une impression bizarre. Son souvenir suivant étant son réveil le lendemain avec ce sentiment diffus que quelque chose d’extraordinaire s’était produit. Sa fille Becky (Rebecca, née en 1955, donc qui avait 12 ans au moment des faits allégués) croit, elle, avoir fait un mauvais rêve, cette nuit-là. Régressée, elle aussi, elle retrouve sa voix de fillette de 10 ans et confirme le début de l’histoire dans ses moindres détails.

Pour en savoir plus, il fallut donc attendre 1977, 10 ans plus tard, avec les séances régressives d’hypnose qui firent apparaître en grands détails toute une fantasmagorie d’événements sensés s’être produits en cette nuit du 25 janvier 1967.

Les souvenirs « réveillés »

Betty, dès qu’elle est soumise à la régression hypnotique se révèle un sujet extrêmement fécond, entrant très facilement en transe profonde et douloureuse que les expérimentateurs comparent à une expérience d’agonie (traumatisante). De même pour sa fille aînée, Becky qui, elle aussi, a vu les créatures mais n’a pas été conviée au « voyage ». A noter que le spécialiste qui s’occupe d’elles n’a aucun antécédent ufologique étant plutôt spécialisé dans l’usage de l’hypnose afin de soulager psychologiquement les cancéreux.

Pour se raccrocher à l’épisode resté conscient dans sa mémoire, Betty raconte qu’après l’observation des créatures dans l’arrière-cour de la maison familiale baignée de cette étrange lueur rose orange, l’éclairage électrique est revenu et tous les habitants de la maison familiale se sont trouvés paralysés sauf elle : pétrifiés, plongés dans une sorte de transe catatonique. « Comme si le temps s’était arrêté pour eux. »

Les cinq créatures humanoïdes pénétrèrent alors dans la maison en se mouvant de façon synchrone et passèrent littéralement à travers la porte de la cuisine, celle-ci donnant sur l’extérieur étant restée fermée. Tout à l’heure, ils étaient dehors et les voilà maintenant introduits à l’intérieur ! Betty fit un dessin frappant de cette scène surréaliste.


Dessin des créatures traversant la porte d'entrée de la cuisine.

Des êtres de quatre pieds de haut (1,50 m) à la peau grise, avec de grands yeux bridés et étirés (yeux de chat), de grosses têtes aux traits mongoloïdes avec des trous pour le nez et les oreilles. Quand on lui demandera sous hypnose : - ont-ils des oreilles ?, Betty répondra : - Je ne peux les voir… Les bouches sont comme des fentes et les mains à 3 doigts sont gantées. Sur l’épaule gauche de l’uniforme moulant de couleur bleu foncé brillant de chaque individu, une insigne représentant un oiseau aux ailes déployées. Ils portent chacun des bottes et une aura de bienveillance émane d’eux qui ne provoque aucun sentiment de panique…

Une communication télépathique s’engage … et notamment avec le plus grand des cinq qui s’appelle « Quazgaa » (il a un œil blanc et un œil noir, sa tête ressemble à celle d’une abeille !) et se présente comme le « leader ». Les quatre autres sont identiques. Betty, décelant en eux une sensation de faim, lui offre à manger montrant que cela ne pose aucun problème dans la cuisine ; mais il refuse lui faisant passer le message : - nous n’avons pas de nourriture comme ça !  Betty, dont la forte croyance religieuse lui fait assimiler ces étrangers à des anges (elle appartient à une église fondamentaliste chrétienne qui prône une interprétation très littérale de la Bible et la prend comme la parole de Dieu ; normalement, ses adeptes ne sont pas très ouverts au phénomène ovni !) et comprenant qu’ils demandent une nourriture plus spirituelle, ramasse une Bible qui traîne par là sur une table et la tend à « Quazgaa » qu’elle assimile à Jésus ! Lui-même prend le livre et passant sa main dessus duplique le volume en autant d’exemplaires qu’il en faut pour chacun de ses compagnons. De son côté, il lui propose un petit livre bleu pas très épais : elle comprend que c’est sa Bible à lui… une Bible dont certaines pages sont blanches… d’autres remplies de symboles.



Reconstitution de Quazgaa.

 « Qu’est-ce que vous faites là ? » demande Betty. « Nous sommes venus vous aider » : telle est la réponse ; vous aider surtout à ne pas vous autodétruire si vous continuez sur le chemin qui ne peut mener qu’à cette fatale extrémité !

« Veuillez nous suivre », intime  « Quazgaa » et Betty, laissant là sa famille toujours figée sous la bonne garde d’une des créatures, suit les autres… ; elle traverse avec eux la porte ; ils flottent en direction d’un ovni en forme de disque dont le bas est transparent qui est posé dans la cour.

Le fantastique voyage

Après une brève visite de l’engin, Betty est conviée à un fantastique voyage dans ce qu’on a qualifié de « grand vaisseau-mère » à plusieurs niveaux. Mais en préalable, elle est soumise à un examen traumatique dont celui qui consiste avec une longue aiguille à lui retirer quelque chose du nez. C’est la première fois qu’il est fait allusion à cette notion d’implants qui permettraient aux extraterrestres de retrouver à distance ceux qu’ils ont déjà soumis à des enlèvements : un « marquage », comme des animaux bagués en quelque sorte. A quelles fins ? Personne n’a jamais répondu convenablement à cette question.

L’examen est aussi gynécologique et il est question de « parties manquantes » laissant supposer que les étrangers ne sont pas au courant que, depuis son précédent enlèvement, Betty a subi une opération d’hystérectomie.

Pour la préparer au voyage, elle est assise sur une structure puis immergée dans un liquide, ce qui la scelle littéralement sur son siège dans une peau de plastique ensuite remplie d’un liquide aqueux. Seuls des tubes au nez et à la bouche la relient à l’extérieur et lui permettent de respirer. Les ufologues américains s’interrogeront sur cette « encapsulation » de Betty et émettront l’hypothèse qu’il puisse s’agir peut-être d’un conditionnement pour lui permettre d’endurer les conditions du voyage, dont on sait que certaines seraient dommageables telles quelles, notamment les accélérations fulgurantes de l’engin qui, sans ça, auraient pu la tuer.

Des créatures plus petites en combinaisons d’argent et encapuchonnées de noir l’ont prise en main et la conduisent à travers un tunnel…

Visite d’un autre monde ?

Betty va ainsi visiter un ou plusieurs « autres mondes » (Royaume vert, Royaume rouge…) faisant des rencontres avec des créatures sans têtes qui grimpent aux immeubles comme des lémuriens, des créatures volantes, etc. Elle survole des zones plantées de pyramides, visite des dômes où un Soleil artificiel en forme de poly-cristaux y dispense sa lumière. Ces colonies étrangères sont-elles sous Terre, sur la Lune ou une planète voisine, se sont demandé les ufologues ?

Elle est confrontée à un grand oiseau qui sera assimilé au Phénix, animal fabuleux de la mythologie égyptienne. Elle en parle en ces termes sous hypnose : « C’est comme un aigle là devant moi. Il est vivant. Il a une tête blanche. Avec ses ailes, il fait écran à la lumière éclatante derrière lui…
Le Grand Oiseau
 « Oh, Jésus, j’ai chaud. Aidez-moi ; oh-h-h- j’ai si chaud. C’est du feu là devant moi. » En fait, elle décrit l’oiseau qui se consume, ne laissant à sa place qu’un tas de cendre d’où émane quelque chose qui ressemble à un ver. « Les extraterrestres ont-ils produit un objet physique ou provoqué une vision en une leçon au bénéfice de Betty ? », s’interroge R. Fowler.

Le retour s’effectue encore en apesanteur à travers l’atmosphère verte ; puis on la débarrasse de son étrange combinaison… Betty est de retour chez elle à 22 h 40, ce qui donne une durée totale de l’enlèvement/voyage/retour d’à peine 4 heures. Certains y ont vu bien sûr un effet relativiste à rebours, le temps semblant plus court pour ceux qui sont restés que pour celle qui a voyagé, ce qui est contraire à un effet relativiste einsteinien.

Expériences antérieures et postérieures

Betty apprendra aussi que ces « observateurs » (les contacts de Betty avec ces « observateurs » (watchers) fournira à Fowler le titre de ses deux derniers livres sur cette affaire) sont en interaction avec elle depuis son enfance : en 1944, à 7 ans, elle se souvient avoir été frappée à la tête par une sorte d’abeille lumineuse… ; en 1949, en jouant dans les bois de Westminster (MA), elle aurait déjà rencontré un humanoïde du type de ceux de 1967 ; en 1950, elle aurait subi sa première abduction et se serait déjà retrouvée dans une salle blanche d’examen avec 3 petits êtres autour d’elle qui la surveillent. Elle revit diverses expériences de temps manquant (1961) ; à plusieurs reprises des voix se sont faites entendre dans sa tête…

En 1974, Betty sera abductée depuis sa chambre à coucher dans la pure tradition. C’est à cette occasion qu’elle assistera à ces prélèvements de foetus sur des femmes (rapportant des expériences de fœtus manquant !), lesquels sont mis dans des containers remplis d’un liquide gris.

Les étrangers se livreraient par là à des opérations visant à sauvegarder l’espèce humaine menacée. En ce sens, avec les dérives actuelles de la procréation assistée et des menaces du clonage humain, l’expérience décrite par Betty peut être encore qualifiée de prémonitoire. C’est peut-être pourquoi elle a fait tant d’émules ?

Devenue célèbre et après divorce, Betty épouse, en 1978, un autre abducté dont la première expérience en la matière remonte à 1944 avec des « Gris » ; elle aurait eu avec lui des « expériences » antérieures et communes sans en garder le moindre souvenir ! Elle le rejoint au Connecticut où d’étranges manifestations autour d’eux vont être signalées.

Autre abduction de Betty en 1980 ; en 1987, on lui trouve sur le corps des cicatrices attribuées à des prélèvements de tissus. Constate-t-on là un épisode de folie abductrice à plusieurs ? Par entraînement, même Fowler va observer un ovni et être confronté à des phénomènes paranormaux. Soumis à l’hypnose en 1988, on lui trouve à lui aussi des souvenirs oblitérés de rencontres personnelles remontant à 1938-39…

Betty continuera probablement jusqu’à sa mort de colporter ses réminiscences sans se soucier des questions qu’elles peuvent soulever. La menace d’une destruction nucléaire de l’humanité n’est, certes, plus imminente (encore que !) mais n’y a-t-il pas bien d’autres raisons de s’inquiéter ? L’idée qu’il puisse s’agir d’une affaire inventée délibérément pour faire croire à une connexion (un pont ?) entre la religion (chrétienne ?) et l’ufologie a cessé d’agiter les esprits. C. Sagan (1934-1996) parla à l’époque d’ « évangélisme ET » !

R. Fowler termine son premier livre par ceci : « Nous ne saurons jamais si les expériences de ces gens relatent vraiment des événements réels ou si leur esprit leur a joué des tours. » Je le rejoindrai pour cette sage conclusion, n’accordant qu’une mince créance à la déclaration en 2007 du beau-fils de Betty (fils de son second mari) dénonçant toute l’histoire de ses parents comme une farce et traitant sa belle-mère de « cinglée religieuse », obsédée par sa croyance au fait qu’elle est une prophétesse moderne. Les conflits familiaux n’ont aucune raison d’épargner l’ufologie, hélas.


Arguments pour et contre et possibilités de confusion

Pour : avec cette affaire, on est confronté au grand dilemme auquel se heurtent ceux qui étudient certains cas d’ovnis : des faits de très haute étrangeté rapportés par un témoin à qui on peut apparemment accorder confiance. Betty se laissa examiner par un psychiatre qui ne lui trouva aucun trouble, ni problème psychologique particulier. Selon lui, elle croyait bien à son expérience. Betty et Becky furent soumises à un test faisant office de détecteur de mensonge (Psychological Stress Evaluator) qui conclut : « Elles disent la vérité en ce qui concerne l’incident de 1967 ». L’encyclopédiste des ovnis, J. Clark, qui est toujours méfiant pour ce genre de cas, écrit que « la sincérité des participants de cette affaire est au-delà de toute discussion ; et il rejette catégoriquement toute idée de confabulation sous hypnose. On a souligné aussi les nombreuses similarités avec les caractéristiques d’autres confrontations avec des ovnis (panne de courant, silence environnant, interférence TV, animation suspendue (paralysie) d’une partie des témoins, examen physique…). Betty se serait même souvenue de détails correspondant à d’autres cas qui n’avaient pas encore été publiés !

Contre : la suspicion est venue du fait d’en avoir peut-être trop rajouté. Le sceptique P. Klass (1919-2005) n’hésita pas à traiter Betty de menteuse mais il fut incapable d’apporter la preuve qu’elle le faisait consciemment.  Pour lui, Betty utilise son imagination pour inventer une histoire que les ufologues crédules trouvent impossible à démentir.

Confusion : Hallucination ? Contamination ufologique post-incident de 1967 ? Suggestion hypnotique ? Et ce, sur une famille entière ! Betty a-t-elle consciemment monté cette montagne de mélange de messianisme et de science fiction ? Psychiatres et psychanalystes s’en sont mêlés pas toujours ceux d’ailleurs qui se sont donnés la peine de rencontrer Betty : a-t-elle interprété son odyssée à travers ses croyances fondamentalistes ? A-t-elle assaisonné à la sauce extraterrestre les fantaisies de l’Alice de Lewis Carrol (traversée du miroir), usé de symbolisme sexuel réprimé justement par son obédience chrétienne stricte ? En tout cas, l’hypothèse simpliste et réductrice de la méprise face à un phénomène quelconque non reconnu a bien du mal à trouver sa place ici.




Publié dans LE MONDE DE L’INCONNU, n°347, décembre 2010-janvier 2011.